A320 ou le succès d’Airbus

Posted: 25th novembre 2016 by admin in News
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L’A320 est ce que l’on appelle un blockbuster pour Airbus. L’avionneur européen ne cesse d’annoncer des commandes records comme celle qu’il pourrait décrocher auprès de la société de leasing chinoise Calc, en lui refourgant plus de 100 A320. Le compteur tourne et on a dépassé depuis l’été dernier la barre des 3000 commandes. Un avion qui tire toute la filière mais qui pourrait aussi être à l’origine d’un changement de centre de gravité dans le « footprint » industriel d’Airbus. Les usines chinoises et américaines pourraient en profiter. Ce qui n’est pas sans poser question pour les usines européennes, notamment françaises. Airbus A320 : plus de 3000 commandes, 5 années de production et… 1 point d’interrogation L’A320neo a tout du blockbuster. Mais gare aux lendemains qui chantent… 3000 commandes fermes ! Avec son A320neo, version motorisée de son monocouloir du même nom, l’avionneur européen tient son blockbuster. Alors que l’A380 peine encore à s’imposer comme un succès (comme le montre la réaction officielle de Qatar Airways à Farnborough suite à la non-livraison de ses A380), l’avion lancé en 2010 apporte à lui seul l’équivalent de 5,4 années de production pour les usines de l’industriel (au rythme de 46 avions par mois). Une visibilité sur le plan de charge que beaucoup d’industriels rêverait d’avoir. Ce succès a son revers. La contrepartie ce sont les cadences infernales (encore une fois que beaucoup d’industriels aimeraient connaitre), cadences parfois difficilement tenables pour les maillons faibles de la supply-chain. L’autre aspect de cette réussite, c’est le développement de nouveaux sites d’assemblage hors-Europe. A Tianjin en Chine ou à Mobile dans l’Alabama aux Etats-Unis, ces usines vont participer à satisfaire la demande. Ce qui veut dire, en creux, que les 3000 avions d’Airbus ne seront pas tous assemblés en Europe, que ce soit à Toulouse ou à Hambourg. Est-ce grave ? Non, dans la mesure où le marché de l’aéronautique affiche une confiance en l’avenir presque arrogante. Constructeurs et équipementiers estiment avoir devant eux au moins dix années de croissance à 5% par an en moyenne (!). Boeing récemment affirmait qu’il allait falloir construire plus de 36000 avions d’ici 2033 ! Toutefois, en cas de décompensation grave du marché, l’arbitrage entre les sites d’assemblage pourrait être douloureux. Les « vieux » sites européens n’étant pas les mieux placés, que ce soit en termes de coûts ou de marché : l’Asie et les Etats-Unis sont clairement les deux locomotives de la croissance.

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