L’armée de l’air américaine a perdu son avion hypersonique Falcon, un engin conçu pour attaquer des cibles à Mach 20, neuf minutes après le démarrage du vol test, juste après la séparation de son propulseur. Le Falcon était censé s’abimer en mer dans l’ocean pacifique après une demi-heure de vol. Mais il a pris la poudre d’escampette plus tôt que prévu par les militaires. D’après la DARPA il volait alors à Mach 20. Ils ne savent pas où il est parti, et comme c’est un projet semi-secret, ils ne s’étendent pas trop sur le sujet.

Le planeur hypersonique est fabriqué par Lockheed Martin dans le cadre d’un programme de la DARPA. Il est destiné à lancer des armes conventionnelles pouvant atteindre n’importe quel point de la planète en une petite heure.

La maîtrise des vols hypersoniques est encore loin d’être totalement acquise, comme en témoigne le deuxième essai du planeur hypersonique Falcon HTV-2 qui a eu lieu le 11 août dernier. Comme lors de son premier essai en avril 2010, le HTV-2 de la Darpa a d’abord été tiré au moyen d’une fusée de type Minotaur IV, qui lui a permis de franchir les frontières de l’atmosphère. Une fois séparé de son lanceur il a alors entamé sa rentrée atmosphérique, où il atteint la vitesse de Mach 20 (environ 20.900 km/h).

Cette phase de transition est le point le plus critique du vol. Théoriquement, l’engin doit être maintenu sous contrôle durant tout cette phase d’accélération avant de terminer sa course en vol plané vers un point défini du globe (l’océan Pacifique, en l’occurrence). Théoriquement, car comme lors du premier essai, la communication a été perdue au bout de 9 minutes de vol. Ce dernier aurait normalement du durer trois fois plus longtemps.

Si la Darpa estime avoir aujourd’hui une bonne maîtrise du lancement de l’engin dans l’espace et de son insertion dans l’atmosphère terrestre, elle concède ne pas bien savoir comment garantir ensuite une bonne maniabilité durant la rentrée atmosphérique. D’autant que l’échauffement de l’engin dépasse à ce moment les 1.900°C. Ce qu’il est advenu du démonstrateur après cette perte de liaison n’a pas été communiqué. La Darpa précise seulement que l’engin s’est vraisemblablement abîmé quelques part dans le Pacifique.

Si ce deuxième essai ne peut être qualifié de franc succès, la Darpa se dit néanmoins satisfaite de la quantité de données récoltées sur le vol à très haut Mach. Un troisième essai devrait donc logiquement avoir lieu. Cette technologie pourrait être adaptée à moyen et long terme sur les avions de chasse, avions militaires et spatiaux.

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