Développement de l’aviation Russe

Posted: 9th août 2012 by admin in News
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La Russie continue son développement avec des programmes de modernisation de son industrie aéronautique. Les Russes se mettent au développement d’avions de chasse et autres avions militaires, mais aussi d’avions civils tel que pour le constructeur Sukhoi. Voici une interview d’un responsable du constructeur qui revient sur les développements actuels de l’aviation russe. Cet entrevue est tiré du titre d’information « La Voix de la Russie« :Lorsqu’on m’avait nommé vice-président de la Société « Avions Civils Soukhoï » j’ai été pris de vertige par les perspectives qui s’ouvraient devant moi. Mais la première chose à faire était de construire le modèle financier du nouvel avion civil Soukhoï connu sous un nom très médiatisé de Superjet 100. Ce nouveau poulain sorti des écuries du célèbre avionneur militaire russe était décidément un drôle d’oiseau dont l’apanage a été constitué de l’apport technologique de 5 ou 7 pays dont la France avec son propulseur Sam-146 de la Société Sagem. Le modèle financier n’affichait pas un avenir qui chante à ce nouveau coucou qui se frayait difficilement le chemin dans les cœurs et les esprits des vétérans rigides de la glorieuse aviation militaire soviétique. Mais quoi qu’on en dise, l’éclosion du SuperJet 100 a permis la naissance d’une nouvelle école de construction en Russie. Prise entre les médailles des vieux pilotes aguerris et les tendances modernes, l’aviation russe ne savait plus à quel saint se vouer. Qui plus est, durant 15 ans l’Etat russe la considérait avec une morgue tout à fait dénaturée. Alors les bruyants ingénieurs français et italiens qui ont envahi les locaux de Soukhoï, rue Polikarpov Leonardo Pavoni en tête, ont su inculquer aux Russes les nouvelles règles méthodologiques servant à discipliner et faire fructifier les acquis de l’école nationale. Les usines de production à la chaîne en ont également largement profité améliorant leur rendement et passant par une période de modernisation des plus profondes à partir des années 30. Et voici que maintenant, une décennie plus tard, les Russes ont au moins deux usines d’aéronautique – celle d’Irkout à Irkoutsk et celle de Komsomolsk sur Amour répondant parfaitement aux critères d’ISO 2000 et produisant des pièces détachées pour Airbus. L’aviation russe civile a connu peut être des projets autrement plus talentueux que le Soukhoï Superjet 100. Mais le coup de pouce donné grâce au melting-pot crée au sein de Soukhoï par son président d’époque Mikhaïl Pogossian, a permis d’améliorer tous les produits aéronautiques russes. Nous ne parlons même pas de l’apparition du concept moderne de progiciels professionnels « Katia » qui a pris la relève de la vielle méthode du crayon et ébauches.

L’aviation russe se modernise et tient sur les fonts baptismaux les projets de l’acabit de T-50, avion de cinquième génération réalisé par Soukhoï. Il en va de même pour le Yak-130 et le nouveau Mig russe MiG-29 CMT.

 

A l’heure actuelle, ce n’est pas les idées révolutionnaires qui manquent à la Russie ni les machines et outils pour les incarner et les mettre en forme. Vladimir Poutine et sa politique salariale aidant les spécialistes sont de retour. Les exportations des avions militaires russes battent leur plein. Et je sais sciemment que les troupes de l’OTAN sont toujours en quête des Iliouchine 76 bradés par les anciens pays satellites de l’URSS. On le voit, le potentiel russe est redevenu très fort et défie toute concurrence. Mais le pays a un autre objectif à atteindre. C’est celui du changement rapide des vieux avions obsolètes et la livraison accélérée du nouveau matériel avec l’apprentissage à réaliser pour les pilotes de ces nouveaux avions de chasse. Les événements en Libye ont bel et bien démontré qu’une guerre terrestre est gagnée en l’air. S’il n’y a pas de soutien aérien massif les troupes au sol sont rapidement neutralisées par l’ennemi. Ou bien lesdites troupes pataugent et s’enlisent comme c’est le cas des insurgés en Syrie.

Donc pour mener une guerre moderne la Russie entend se doter des avions et hélicoptères répondant aux normes du vingt-et-unième siècle. Considérons un peu le rythme effréné de ce changement réalisé par Vladimir Poutine et son équipe. En 2010, il y a eu 21 avions et 37 hélicoptères livrés à l’armée de l’air ; en 2011 – 28 et 82 respectivement par catégories. Et en 2012, les livraisons doivent dépasser le niveau de l’année précédente. Selon le Livre Blanc de la Défense de Russie l’armée de l’air est censée recevoir 600 avions et mille hélicoptères jusqu’en 2020. Quant aux types d’appareils, le jeu de 7 Familles est vraiment impressionnant. C’est les incontournables Soukhoï-30, bien sûr et des Soukhoï-34 et 35C. Le jeune premier PAK FA T-50 de la cinquième génération, l’intercepteur léger MiG-35 C et toute la famille d’Antonov allant d’AN-70 et jusqu’à l’énorme et monstrueux An-140. Le petit chéri Iliouchine 76 MD-90 A et l’avion d’entraînement et de combat léger Yak-130 assorti au Su-30. Les hélicoptères ne sont point négligés. On retrouve l’Ansat tatare et le Ka-29 aussi bien que 52, 60 et 226 de la même famille. Les Mi russes sont à l’avenant : Mi 8MVT-5, Mi 8 AMTCh, Mi-26 et Mi-28NM avec Mi-35M.

Les nouvelles sont d’autant plus réjouissantes qu’elles riment automatiquement à la construction des nouveaux centres de production et à un marché d’emploi de la main d’œuvre hautement qualifiée qui va exploser. Ce qui serait un adjuvant pour le marché de l’immobilier hypothéqué. Si vous vous donnez la peine de vous déplacer à une distance de 26 bornes du périph extérieur moscovite pour aller à la ville de Joukovski, vous verrez des dizaines d’hectares avec les nouveaux lotissements des soi disant « town house » qui poussent comme des champignons. On en parle parce que Joukovski est un centre d’attraction pour l’aéronautique militaire et civile russe.

L’initiative de Vladimir Poutine transformant les pétrodollars en armements et technologies sophistiquées est très appréciée par le public russe, toujours avidement demandeur de nouveaux projets de développement de l’économie nationale. En Russie, tout se fait en grand – la misère aussi bien que les capitaux l’envergure du pays oblige.

En guise de conclusion pour cette partie de notre exposé, nous serions amenés de dire que le Président de Russie table à la fois sur sa marine et son aviation. Les efforts qu’il s’évertue de fournir prouvent que la Russie est bel et bien sortie de stagnation et qu’elle se moque des perspectives néfastes dessinées par les obsédés du politiquement correct qui crèchent dans l’Occident. L’aviation va de pair avec le cosmos commercial où Moscou reste toujours une figure de proue.

Cependant un nouveau créneau, un nouveau secteur porteur vient de poindre à l’Horizon. C’est celui de la guerre des robots ou des drones. Les Israéliens, les Français et les Américains, bien sûr, s’en donnent à cœur joie… Alors pourquoi pas les Russes ? Ces idées sont confirmées par le dessein du Ministre de la Défense russe de revoir la panoplie complète d’un fantassin y incluant même un drone individuel susceptible de rester en l’air pendant une dizaine de minutes pour relever la position ennemie et ensuite réaliser une frappe ponctuelle du type kamikaze servant de vecteur à une charge explosive. Les drones d’artillerie devraient permettre de contrôler un champ de bataille et rectifier le tir comme on le faisait à l’aide des aérostats de la Première Guerre Mondiale.

Un pays comme la Russie vit bien quand il mobilise toutes ses forces. Le développement de l’aviation conventionnelle et robotisée est capable de faire ressusciter des pans entiers du territoire russe et redorer le blason de son armée de l’air.

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